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Honoré Philippe, Les artisans de Cernex au début du siècle

Le village a connu au fil des années bien des artisans que je souhaite évoquer.

LE TISSERAND

Je ne voudrais pas oublier une ancienne figure de Cernex, avec sa belle barbe blanche: le tisserand M. Cusin dit "Ringalet" qui fabriquait de belles pièces de toile de chanvre. Je me souviens, dans ma petite enfance, vers 1912, avoir vu fonctionner le métier à tisser qui tenait dans la grandeur d'une grande chambre de 30 à 40 m2 ; il Y avait tout un mécanisme de pièces de bois difficile à décrire. Le tisserand, assis à son poste tendait des milliers de fils horizontalement et actionnait deux pédales en cadence; il lançait la navette qui entraînait le fil de droite à gauche, et inversement. Ce métier demandait une grande adresse.               

Cet homme était le grand-père d'Aimé notre ancien boulanger.

L'ÉPICIER TROTTET

Une bonne figure, Henri Trottet : cultivateur et épicier. Dans son magasin on trouvait tout ce que l'on pouvait désirer: de la quincaillerie, des fourches, des râteaux, des faux, des manches d'outils, des couronnes mortuaires, des cierges, de l'épicerie fine et de la mercerie.

De plus, il était chargé de conduire le corbillard. Il était très populaire" Van Dieu". Il conduisait avec beaucoup de respect ce qui était très apprécié par la parenté. Il avait succédé à ce poste au père Jeantet, le meunier.

Son fils "Kiki" a lui aussi conduit le corbillard quelques années jusqu'à la fin des années 60.

LA FRANÇOISE

A l'arrière du fort il y avait un grand escalier en pierre qui donnait accès à une petite maison modeste, elle-même très ancienne, où vivait une vieille couturière: "La Françoise" Dunand. Elle tenait une petite mercerie assez bien achalandée, surtout en chemises fantaisie et cravates.

Elle apprenait à coudre aux jeunes filles du village.
Elle était un peu modiste et réparait les chapeaux de nos mères et de nos grands-mères.

MAYON

Au sommet du village, près de chez moi, demeurait le vieux ]ean­Marie ]acquemoud, dit "Mayon", un ancien artisan et habile charpentier.

Dès sa retraite, n'ayant plus beaucoup d'occupations, il effectuait chaque jour une promenade vers sa maison préférée: le café Dusonchet. Quand il remontait il était légèrement éméché; toutefois il restait d'une parfaite correction. Il surveillait toujours son langage principalement en présence d'enfants. Bien souvent il venait me rendre une petite visite, pour une petite "rincelette" de gnole qu'il appelait son "Guéritout".

CHEZ LA GÉNIE

En face de ma maison paternelle, au milieu de Cernex, se trouvait une jolie maisonnette "chez la Génie" transformée depuis en une coquette habitation. Cette maison était la propriété de ma tante Marie. Elle allait avec le château, les fenêtres à "meneaux" situées sur l'arrière en font foi. La Génie était une pauvre femme célibataire logée gratuitement par "la Marie Batiau".

LE MEUNIER JEANTET

A Veyssières, Eugène Jeantet avait un joli moulin avec roue à aubes, alimenté par un bief qui captait une partie de l'eau du Nant Trouble deux cents mètres plus haut, pour alimenter une écluse qui amenait, par une canalisation, l'eau sur la grande roue. Chaque cultivateur apportait son blé et repartait avec la farine, car les gens faisaient eux-mêmes leur pain.

{highslide float=left type="img" url="histoire/20eme/Honore_philippe_artisants.jpg" width=200 captionText='Les ruines du moulin Pirolet à La Motte' } {/highslide} Ces petits moulins disparus, après 1945, leurs licences ont été rachetées par les minoteries, en rétribuant grassement les vieux meuniers.


Je me souviens avoir entendu parler de deux autres moulins à La Motte:
le moulin Durand dit" Wati" ,
le moulin Philippe dit"Pirolet".

{highslide float=left type="img" url="histoire/20eme/Honore_philippe.jpg" width=200 captionText='Honore Philippe' } {/highslide}

Traité et publié le 4 février 2005 par Michel Weinstoerffer