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Honoré Philippe, souvenir d'un ancien 1992


Je dédie ce livre à ma fille Suzanne qui m'a suggéré, encouragé et beaucoup aidé à sa réalisation. Elle m'a écouté avec la patience que je lui connais. Pendant plus de deux ans nous avons travaillé ensemble. Chaque matin elle m'accordait plusieurs heures de son temps tout en gardant mon arrière petite-fille Caroline.

Nous sommes devenus complices, c'était un plaisir de voir notre œuvre prendre forme. Ensemble nous avons ri et même versé quelques larmes en faisant revivre le passé.

Sans ton aide, Suzanne, je n'aurais pas eu cette immense joie de voir mes souvenirs rassemblés dans un ouvrage. Tes encouragements m'ont permis de démarrer mes écrits. Tu avais toujours peur que je n'en mette pas assez: - "Papa raconte encore ceci …. " ", Papa  n’oublie pas cela … ».

Je ne veux pas oublier ma femme Eugénie avec qui j'ai partagé soixante-cinq années de joies mais aussi de soucis. Elle m'a donné sept enfants et aujourd'hui j'ai treize petits-enfants et dix-sept arrière- petits-enfants.

Je veux penser aussi à mes parents à qui je dois ma foi en Dieu, ma bonne santé physique et morale, l'honnêteté, le travail et le sens des valeurs.

Commencé à Cernex le 15 octobre 1990

Terminé à Cernex le 29 février 1992

Je suis né à Cernex .C'est une petite commune de 509 habitants située au pied du Salève, sur le versant Sud du Mont-Sion. Elle fait partie du district de Cruseilles. Mon père, Alexis Philippe, est également originaire de Cernex ; ma mère Amélie née Excoffier, vient quant à elle de Châtillon. Nous étions six frères. Mes parents avaient une ferme.

Mon grand-père maternel, en plus de la ferme, avait une épicerie et un moulin à farine au bord des Usses à Châtillon. L'eau de la rivière actionnait deux grandes roues à aubes. Ce moulin était situé dans un bas- fond où il n'était même pas possible d'accéder avec un char. Seules les mules pouvaient utiliser ce sentier. La farine moulue était livrée à dos de mulets. Chaque matin deux ou trois mulets étaient sanglés par un bât qui tenait le sac en équilibre. La farine livrée, on revenait chargé de blé à moudre; ce qu'imitent de nos jours les routiers qui ne roulent jamais à vide. Ces bêtes étaient très bien traitées. Ma mère me disait que, toute gamine, elle s'amusait à regarder arriver les mules chargées chacune d'un sac de cent kilos environ. Une fois les sangles enlevées et débarrassées du bât, les bêtes allaient se rouler dans l'herbe, dans un petit pré, pour se détendre.

Mon grand-père avait aussi un four à pain; meunier, la matière première lui revenait bien moins cher. Il faisait cuire du bon pain blanc pour les villageois de Châtillon, mais aussi pour les petits villages de l'autre côté des Usses, sous Cercier. Les clients venaient se ravitailler en pain et en épicerie. Il fallait souvent passer par les bois pour éviter les gabelous, car chacun dépassait un peu la quantité des denrées tolérées. En effet, à cette époque il existait une zone douanière qui avait pour limite les Usses et les douaniers faisaient la chasse à ceux qui se ravitaillaient en zone.

Mon grand-père allait souvent à Genève avec son char à banc et le "Mousse", son cheval. Il en profitait pour se ravitailler en épicerie au Port Franc à l'entrée de Genève. Ce grand établissement existe toujours. Ces voyages à Genève lui donnaient l'occasion de dissimuler dans son chargement un sac de tabac. Arrivé à la maison, pour ne pas être importuné par la douane, il allait cacher le tabac dans des ruches; en effet, le rucher comptait une quinzaine de ruches dont deux étaient toujours vides pour y cacher le tabac de contrebande.

Les clients venant de l'autre côté du cordon douanier étaient heureux de voir mon grand-père descendre au rucher et leur passer quelques paquets de tabac.

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Traité et publié le 4 février 2005 par Michel Weinstoerffer