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Histoire

DES COCHONS VAGABONDS - 1er janvier 1370


Item quatuor lictere sive instrumenta per que, cum dominus de Sernay sive ejus castellanus cepissent duos porcos in villa de Senuel existente de omnimoda juridicione predicti Capituli Gebenn., idem castellanus eosdem porcos, virtute cujusdam mandati domini Amedei Sabaudie comitis, relaxavit et quo voluerunt abire, [fol. 570v°] permisit, qui deinde, per discretum dominum Petrum Matzonis, procuratorem dicti Capituli, reperti fuerunt et ad villam predictam de Senoel, pro justicia ibidem de illis fienda parte dicti Capituli, ducti prout plenius in eisdem quatuor licteris sive quatuor instrumentis continetur, per Petrum Tavelli, de Gebennis, notarium, anno millesimo trecentesimo septuagesimo, indictione octava, die prima Januarii, receptis et signatis, signatisque ab extra per licteras XXIIII.

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DES COCHONS VAGABONDS' } {/highslide}
Dans la marge: « instrumenta ad causam captionis quorundem porcorum super juridictione Capituli ».
Originaux : Perdus.
Analyse : Inventaire des Archives du Chapitre de 1497 : H 32 cm x L 22 cm, papier, registre contenant une table des matières non numérotée, suivie de 589 folios numérotés. A.E.G., Archives A2.2, fol. 570-570v°.

Ces deux animaux, saisis par le seigneur de Cernex sur un domaine relevant du Chapitre, sont ensuite relâchés sur l’intervention de l’autorité savoyarde. Ils sont retrouvés par le procureur du Chapitre et ramenés au domaine de Sionnet, point de départ de leur aventure, pour décision de justice. Cette affaire de porcs vagabonds dans laquelle intervient le seigneur de Cernex ou son châtelain, en vertu d’un mandat du comte de Savoie, sur un domaine relevant du Chapitre, illustre bien la complexité des juridictions, même dans des circonstances que l’on considérerait comme anecdotiques.

L’épisode se déroule dans une région connue pour ses marécages, marais fauchés, donc une zone où s’exerçait une certaine activité. Les propriétés et les cultures sont alors très morcelées mais fournissent une production variée : céréales, vignes, prairies.

L’élevage du petit bétail et particulièrement des porcs permet aux paysans de consommer de la viande. Ces animaux trouvent leur nourriture tout au long de l’année, le plus souvent dans les forêts, en vertu du droit de glandée accordé par les seigneurs à leurs villageois. Moutons et chèvres, bovins aussi y trouvent à manger.

Le gros bétail, grâce au droit de vaine pâture, peut brouter dans les champs entre les périodes de récoltes et de labours sous la surveillance d’un berger. L’exercice de ce droit donne lieu à de fréquentes contestations.

Pour l’élevage de ces animaux, souvent utilisés comme bêtes de trait, la pratique de la commende est répandue : un bourgeois ou un propriétaire confie à un paysan un ou plusieurs animaux et partage ensuite avec lui les profits et les pertes.

Ces troupeaux fournissent de la laine, des peaux pour les tanneries et contribuent ainsi à animer une petite industrie rurale ou fournissent en matières premières les artisans de la ville.

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